4 nov. 2011

Au café des Merveilles

Au café des Merveilles


Tranquilement assise au Café des Merveilles, écoutant Les Canons de Pachelbel, buvant son café au lait et grignotant son biscuit au gingembre, Amélya réfléchit. Elle pense à l'approche de la fête d'halloween. Ayant toujours été célibataire, par choix, elle sera seule à cette soirée que le café organise. Elle aurait bien aimé être accompagnée cette fois!

Ramenant son attention sur ses copines, elle comprend que les préparatifs sont presque terminés. Ne reste qu'à élaborer leur costume. Intérieurement, Amélya se dit : « Pitié, pas de clowns!» Elle en a une peur bleue depuis sa tendre enfance, due à des lectures et visionnements de films de Stephen King, où des clowns attaquent des enfants. Leur faisant part de sa crainte, ses deux amies, Catherine et Julie, la rassurent, lui expliquant que les clowns sont passés de mode, qu'elle n'a pas à s'en faire! Malgré cela, Amélya commence tout de même à angoisser!

Leur tasse de café étant vide, Catherine fait signe de la main. Un serveur approche. «Curieux» se dit Amélya, « Je ne le connais pas. Il doit être en essai.» Grand, beau, avec une démarche à faire rêver, il arrive à leur table. De son sourire à faire fondre le plus grand des glaciers, il les regarde une à une et son regard perçant se pose un moment sur Amélya. Se sentant analysée, elle fixe la lampe à l'huile devant elle sur la table et passe sa commande. Par la suite, ses deux comparses font de même. En moins de deux, il revient avec leur tasse remplie de ce somptueux breuvage. La journée se termine sur de futiles conversations.

Cette nuit là, Amélya rêve. Des images sans cohérences, vagues et inutiles, sauf une!!! Au réveil, elle n'a qu'une idée en tête. En fait, depuis la veille, elle ne voit que son beau visage. Et une étrange sensation l'envahie, comme si elle devait absoluement lui parler. N'y comprenant rien, elle essaie de chasser cette idée saugrenue de sa tête pour se concentrer sur son fichu costume qu'elle va devoir porter pour cette satanée fête.

À trois jours de l'halloween, le décor du Café des Merveilles prend des allures quelque peu macabre!Du genre de Tim Burton!!! Prenant place à son habituelle chaise de velour rouge, toujours avec ses deux copines, elle scrute l'endroit. Elle cherche. LE cherche. Il ne cesse d'occuper ses pensées. Il faut qu'elle lui parle. Mais pour lui dire quoi? Elle ne sait pas comment s'y prendre. Julie décide donc de prendre les choses en mains. Aussi séduisant qu'à leur première rencontre, il arrive à leur table pour prendre leur commande. N'étant dotée d'aucune gêne, Julie s'exécute. En commençant par les présentations, elle poursuit son questionnaire. Quel est son nom, son âge, d'où vient-il? Pour conclure, elle lui explique qu'Amélya a besoin d'un cavalier pour la fête de samedi. Avec la grâce d'un roi, il se tourne vers elle et lui demande, tel un gentlemen, si elle lui ferait l'honneur de l'accompagner à cette soirée. D'un rouge écarlate, et toute bouillante, elle acquiesse d'un sourire gêner. Ils règlent les derniers détails et se quittent.

Le fameux jour est arrivé! Tout en se préparant, elle pense à la soirée. Y croisera-t-elle un maudit clowns? Et si s'était devant Thomas? Il en penserait quoi? Sûrement qu'elle est folle! Et ce Thomas? Pourquoi occupe-t-il toutes ses pensées? Serait-elle en train de devenir amoureuse pour la première fois? Vêtue de ses collant blancs, de sa petite robe bleue avec le tablier assorti mais blanc et ses petites chaussures noires, une magnifique Alice, elle se rend seule à la fête. Ils avaient convenus de tous s'y retrouver. Comme prévu, Julie et Catherine etaient là, flanquées de leur copain respectif. Deux drôle de duos! Un, représentant César et sa Cléopâtre, et l'autre, un ange et un diable! Rejoignant son groupe, elle sent l'angoisse remonter en elle. Elle a toujours détestée ces soirées costumées! Prenant sur elle, elle pénètre dans le Café. Elle balaie la salle des ses grands yeux noirs. La fête bat son plein et pas clowns en vue!!! Mais pas de Thomas non plus. Après deux heures d'attente, elle se dirige à l'extérieur, elle a besoin de prendre l'air! Elle se sent triste, frustrée et surtout déçue. Il n'est pas venu. «Quel beau parleur!» songea-t-elle. «Que de belles paroles, que de ...» CRAC! Amélya sursaute. Elle fouille du regard l'horizon. Rien! Ni à gauche, ni à droite. Tout le monde est à la fête. CRAC! «Mais d'où vient ce bruit?» Elle ne voit toujours rien, mais elle entend..... Un souffle, un bruit, un respire, CRAC, le souffle qui approche de plus en plus........ CRAC!!! UN CLOWN!!!!!!!! Puis plus rien. Le noir complèt, le néant total! Seul un tablier blanc sur le seuil de la porte du Café.




Écrit par Pouce
3 Novembre 2011

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